Représentation en trois dimensions du futur bassin à poissons de la marina de Papeete. Il se situera entre le quai et le premier ponton flottant (crédit : DR).
Représentation en trois dimensions du futur bassin à poissons de la marina de Papeete. Il se situera entre le quai et le premier ponton flottant (crédit : DR).

Jeudi 30 Avril 2015
Il y a eu « erreur de langage ». « L’aquarium » de la marina de Papeete, n’en sera, en réalité, pas un, contrairement à ce que croyaient nombre de personnes. « Il n’a pas du tout été envisagé de créer une infrastructure vitrée. Il s’agit, en fait, d’un bassin à poissons », corrige ainsi la directrice adjointe du Port Autonome, Christiane Chaine. L’espace situé entre la promenade piétonne et les premiers pontons flottants, large de quatre mètres, abritera néanmoins bel et bien environ 400 spécimens d’ici quelques mois. Deux requins pointe-noire, des mérous de tailles diverses, des carangues, perches et autres mulets peupleront les lieux. « Un filet de 40 mètres de long sera tendu entre le quai et le ponton. Il épousera les fonds marins jusqu’à environ 3 mètres de profondeur », précise Christiane Chaine.

A ce dispositif, s’ajouteront deux cages métalliques de 6 mètres par 4, portant la longueur totale du bassin à 52 mètres. Les poissons y seront regroupés en fonction de leur taille et de leur variété. « Tout a été étudié pour qu’ils puissent cohabiter ensemble, qu’ils ne se mangent pas entre-eux », souligne l’adjointe de Mario Banner. Le volet scientifique du projet a été confié au Centre de Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement (CRIOBE) de Moorea qui a proposé trois « assemblages » de poissons. L’organisme a d’ores et déjà « recensé 60 espèces vivantes et 13 espèces de coraux » dans le port de Papeete. Elles serviront en priorité à alimenter le bassin car elles se sont déjà familiarisées à l’écosystème particulier de la rade de Papeete. Ce qui devrait permettre « d’augmenter le taux de survie ».

Projet « expérimental »

Car, in fine, ce parc à poissons, dans une marina, serait « une première mondiale ». Ses concepteurs ne savent par conséquent pas vraiment « comment les choses vont se passer » dans le temps, dixit la directrice ajointe du Port Autonome : « le souci, c’est que deux exutoires des eaux pluviales de la commune de Papeete se déversent dans la marina. Dès qu’il pleut, il y a des rejets dans le port. Pour l’instant, nous ne savons pas comment vont se comporter ces poissons qui seront en captivité. Nous verrons, à terme, s’il faut dévier ces exutoires. Mais le CRIOBE dit que, peut être, les poissons sont habitués à cet apport en eau douce et que cela ne leur poserait pas de problème. » Le coût des travaux est, lui aussi, encore incertain, les premiers devis étant attendus d’ici peu. Le projet se voudra donc « expérimental » pour une durée d’un an avant une éventuelle reconduction. S’il rencontrait le succès, le Port Autonome envisage d’en développer d’autres du même type et de faire une « publicité mondiale » sur le sujet.
Pour la marina de Papeete, le filet et les cages seront posés dans le courant du mois de septembre en même temps que le début de la collecte des espèces qui, elle, se déroulera jusqu’à la fin de l’année. Un prestataire extérieur assurera au quotidien la gestion du parc, notamment le nourrissage des poissons. Et pour ceux qui auraient la mauvaise idée de s’aventurer à les pêcher….huit cameras de surveillance ainsi que des gardiens scruteront en permanence les lieux. Avis aux amateurs.

J-B. C.
Article du journal La Dépêche de Tahiti du 30 avril 2015