Vendredi 24 Avril 2015

La nouvelle marina de Papeete a été inaugurée en grande pompe, hier en fin d’après-midi, en présence de nombreux officiels, dont le président du Pays, Édouard Fritch, et le maire de la capitale, Michel Buillard.
Cette nouvelle infrastructure peut accueillir 80 voiliers mais aussi, à la journée, 60 embarcations de taille moindre.
Le gouvernement ne cache pas que sa cible principale est une clientèle internationale haut de gamme, de riches particuliers navigant sur des embarcations de standing. Il n’y aura donc pas de bateau épave au mouillage.

Invitation inauguration MP

D’ailleurs, moins de 10 places sont réservées aux habitants de Polynésie. Et ces derniers seront choisis avec attention.
“Nous ne sommes pas là pour remplacer les autres marinas. L’aménagement du front de mer appelle aussi à une certaine qualité”, souligne le ministre de l’Équipement, Albert Solia.
Les tarifs ne sont d’ailleurs pas à la portée de toutes les bourses. Si accoster sur l’une des
60 places de la “zone jour” ne coûtera que 500 F la journée, les prix des amarrages réservés aux voiliers peuvent rapidement s’envoler selon la taille des bateaux, la durée du séjour et la saison de leur escale.
“C’est une grille tarifaire adaptée et cohérente avec ce qui se fait partout ailleurs”, a néanmoins indiqué dans son discours le président du Pays, pour qui “cette marina s’inscrit dans les perspectives de développement de l’économie touristique”.
Mais avec sa promenade bucolique, qui s’étalera sur près d’un kilomètre depuis la place To’ata, les autorités espèrent aussi attirer la population locale et redynamiser par la même occasion une zone assoupie.
D’ailleurs, c’est l’ensemble du front de mer qui s’apprête à faire peau neuve puisque la place Chirac sera prochainement réaménagée, de même que la place Vaiete qui accueillera, l’année prochaine, une gare maritime pour paquebots.
Seront également implantés restaurants, roulottes et commerces.
“En concertation avec le ministère du Tourisme, les artisans et les commerçants, nous voudrions faire quelque chose d’agréable, de bien organisé. Je souhaiterais qu’il y ait de l’activité sept jours sur sept, voire presque 24 heures sur 24. Et j’aimerais que cette activité soit contagieuse au reste de la ville”, ajoute Albert Solia. Édouard Fritch, lui, se dit persuadé que “les retombées profiteront à tous”.
Les commerçants du front de mer n’osent pourtant trop y croire. Ils se donnent quelques mois pour voir si leur chiffre d’affaires repart à la hausse.

J-B.C.
Article du journal La Dépêche de Tahiti du 24 avril 2015